A l’occasion du Hub des partenaires, évènement annuel du GIP Emploi Roissy, les participants ont pu assister à une conférence sur le nouvel écosystème de la formation professionnelle. Les deux intervenants étaient René Bagorski, Président de l’AFREF (Association Française de Réflexion et d’Echange sur la Formation) et co-auteur (avec Jean-Marie Marx) du rapport « Les opérateurs de compétences : transformer la formation professionnelle pour répondre aux enjeux de compétences » et Vincent Graulet, Directeur des Relations Institutionnelles et Politiques d’OPCALIA.

Les changements apportés par la Réforme

M. Bagorski a rappelé l’objectif de la loi du 5 septembre 2018 Pour la liberté de choisir son avenir professionnel qu’il considère être une réforme de la gestion des compétences plutôt qu’une réforme de la formation professionnelle. Son but étant d’assurer une clarification et une redistribution des rôles des acteurs en place et d’en simplifier le fonctionnement.

Pour ce faire, le rapport préconise de regrouper les secteurs économiques en 11 opérateurs de compétences, soit une réduction de l’ordre de moitié par rapport aux 20 OPCA actuels. Cette simplification s’appuie sur des critères de cohérence des métiers et des compétences, de cohérence de filière, d’enjeux communs de compétences, de formation, de mobilité, de services de proximité et de besoins des entreprises.

Le cas d’OPCALIA

L’intervention de M. GRAULET, représentant d’OPCALIA, a permis d’illustrer l’impact de cette réforme sur un OPCA. Soucieux d’accompagner ses adhérents dans cette période de transition, OPCALIA a, d’ores et déjà, initié une stratégie de développement en adéquation avec les objectifs de la réforme. OPCALIA est présent sur l’ensemble du territoire français avec 18 délégations territoriales, y compris dans les DOM TOM. De plus, c’est un acteur engagé dans le développement de l’alternance, comme l’atteste la signature de 30 000 contrats de professionnalisation en 2018, mais également un acteur positionné sur le champ de l’insertion et de la préparation à l’emploi des demandeurs d’emploi.

Réorganisation de la collecte et de la gestion des fonds

D’autre part, l’URSSAF collectera les cotisations obligatoires des entreprises au titre de la formation professionnelle. Cette collecte sera ensuite reversée à une nouvelle entité : France compétences (qui coordonnera toutes les actions autour du système de formation).

France compétences reversera sa collecte à deux types de gestionnaire :

  • La Caisse des dépôts et consignations pour les fonds du Compte Personnel de Formation (CPF),
  • Les OPCO pour les fonds concernant l’alternance et le soutien aux TPE.

Ce nouveau système, basé sur des cotisations obligatoires, pourra également s’appuyer sur des cotisations complémentaires négociées par des accords de branches ou accords d’entreprises.

Le rôle des Opérateurs de compétences (OPCO)

Selon M. Bagorski, « les opérateurs de compétences deviendront des agents de mise en œuvre. Ils auront 3 missions :

  • La gestion des fonds dédiées à l’alternance et au soutien des TPE,
  • L’accompagnement des branches en termes de prospective (observation, certification et GPEC)
  • Le service de proximité, qui contribue à l’analyse des besoins et l’accompagnement des entreprises.

Ce sont les branches professionnelles qui détermineront les certifications existantes. »

Des changements pour les organismes de formation

M. Bagorski a également souligné que la Réforme souhaite créer une véritable notion de « parcours professionnel ». Pour les organismes de formation, cela signifie qu’il faudra faire preuve de flexibilité et adapter les programmes de formation, sous forme de bloc de compétences pour répondre plus efficacement aux besoins des stagiaires et des entreprises.

En matière de partenariat territorial, les deux intervenants ont souligné que le nouvel écosystème favorisait les actions concertées du fait de la clarification du rôle de chacun des financeurs et opérateurs de la formation.

Mise en œuvre en cours de finalisation

Les branches professionnelles, dont objectif est d’être encore plus près du besoin des entreprises et de les accompagner dans leur développement, sont actuellement en cours de négociation pour se regrouper sous l’égide d’un OPCO. Le nouvel écosystème sera mis en œuvre à partir du 1er avril 2019.

En conclusion, François Brezot a invité René Bagorski et Vincent Graulet à intervenir à nouveau sur la mise en œuvre de la loi Pour la liberté de choisir son avenir professionnel, après cette date afin d’échanger sur les enjeux et les impacts opérationnels pour un territoire de projets comme le Grand Roissy – Le Bourget. Le rendez-vous est pris !